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ADOPTION : Étape 1, la candidature spontanée

Lundi 15/02/2010 | Posté par Iyamzen

On entend souvent dire qu’adopter demande une patience inouïe. On croit que ce long chemin commence à l’acceptation du dossier d'agrément. Mais c’est seulement quand on se frotte à la machine bureaucratique que l’on comprend que les tracasseries ne font que commencer. Ceux qui s’accrochent doivent être sacrément déterminés.

 Un agrément d'adoption s’obtient généralement 9 mois après le dépôt de dossier au Conseil Général. La Maison de l’Adoption des Bouches-du-Rhône nous avertit dès lors qu’au vu du retard administratif (trop de dossiers à traiter), il faut compter 14 à 15 mois. Avant même que toute enquête sociale et psychologique ne soient effectuées. Il faut savoir que toute demande doit d’abord être motivée par écrit : une lettre de candidature à un poste méconnu : celui de parent adoptant (grosso modo : il faut dire pourquoi on souhaite absolument être parent adoptant plutôt que parent naturel). A partir de cette lettre, nous sommes convoqués à une réunion d’information où est remis au candidat un dossier de demande d’agrément (gros dossier bleu ô combien convoité).

Attention, on n’entre pas en « parentologie » sans condition. Là aussi, le cumul des mandats s’il ne fait foi de l’acceptation du dossier dore quelque peu la candidature : c’est ainsi qu’on apprend toutes les conditions : Deux parents mariés (donc forcément hétérosexuels) ont plus de chance qu’un couple dit « illicite » (PACS, concubinage ou rien du tout), qui en aura davantage qu’un parent isolé. Hey !!! les parents qui ont déjà un enfant doivent se rendre compte qu’eux ont déjà eu ce bonheur, ils seront au moins ex-aequo avec le célibataire adoptant sur la ligne de départ.

plus on est jeune plus on a de chance d’adopter

L’âge de l’adoptant fait fluctuer aussi le champ géographique de l’adopté. En clair, plus on est jeune plus on a de chance d’adopter en France, sinon c’est l’étranger, les buccaux-rhonasiens (c’est un mot que j’ai appris lors de cette séance et qui signifie habitant des Bouches-du-Rhône) en ont encore plus s’ils veulent  adopter un p’tit gars de la région. Eh oui, après l’écrit,on passe l’oral devant un conseil de famille essentiellement composé de gens du cru. Là aussi les seniors au rebut, sauf que les seniors ont pris un sacré coup de jeune (moins de 43 ans pour les femmes, de 50 ans pour les hommes) pour adopter un enfant français de moins de 3 ans.

Au fur et à mesure que parviennent les informations, on voit les candidats potentiels se décomposer (petit à petit ils cochent eux-mêmes les pour et les contres), s’ils ne quittent pas la salle par politesse, on voit par contre que tout espoir les quitte. Après cela, un discours sur les conditions d’adoption dans les pays étrangers. On apprend que dans certains pays c’est selon les besoins, on peut aller jusqu’au troc (la générosité dégrippe le moteur), que tous les pays n’ont pas signé d’accord avec la France, et que pour d’autres, l’adoption n’est valable que si le ou l’un des parents adoptant est originaire du pays de l’adopté… Mais bon on n’est pas là pour faire la révolution et ceux qui restent encore motivés veulent absolument sortir avec le miraculeux dossier bleu en main. Je suis sortie avec ce dossier qui n'est finalement qu’un support publicitaire du CG13. Et là ce n’est que la première étape…

Photo : Nathalie Crubézy / Collectif à-vif(s)

Iyamzen -