Des parents d’élèves très attachés à leur école
Samedi 07/02/2009 | Posté par Benoît Gilles
Vendredi 6 février, dans le cadre d’un mouvement national, les parents d’élèves de l’école maternelle Saint Vincent de Paul (5e) se sont attachés à l’entrée de leur école. Histoire de montrer leur attachement à l’école maternelle publique.
8h15, rue Chape, 5e arrondissement. «Papa, on fait quoi là ?». La petite Louise est inquiète. Toute cette agitation à l’heure où, normalement, on dit au revoir aux parents et on rejoint ses copains, ça la trouble. Et puis voir des adultes sortir des cordes et des ficelles pour s’attacher tous ensemble contre le mur de son école, cela a un petit côté bondage assez inédit pour une enfant de cet âge. D’habitude, c’est la course, une bise vite posée et au revoir tout le monde. Et là, justement il y a du monde qui reste devant l’école. «Rejoins ton frère, regarde, il est déjà attaché, conseille Papa. Et puis je t’ai expliquée : on manifeste pour ne pas qu’ils ferment les écoles maternelles».
Ce n’est pas la foule du 29 janvier dernier, mais les parents d’élèves ont réussi à se mobiliser. Ils sont une bonne vingtaine à faire le pied de grue devant la petite Maternelle publique. «On est content, il y a du monde et pas seulement des parents d’élèves, se réjouit Sophie. Il y a aussi des habitants du quartier qui sont venus par solidarité. On est tous là pour démontrer notre attachement à l’école maternelle, à toutes les écoles maternelles. Même si on est aussi très attachés à celle-là car elle doit être démolie et on espère que c’est pour en reconstruire une à la place». La conseillère générale du canton, la socialiste Marie-Arlette Carlotti pointe même le bout de son nez. «Alors que se passe-t-il ? Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi on est là ?».
Un papa se prête volontiers au jeu et dénonce la volonté du Ministre de l’Education, Xavier Darcos, de vouloir liquider la première année de maternelle au profit de jardin d’enfants privés. «Nous sommes là pour dire que la maternelle fait partie de l’école, c’est un moment éducatif important où l’enfant se socialise en dehors de la famille. C’est aussi à ce stade que l’on repère et que l’on peut lutter contre les inégalités face aux savoirs». L 'élue opine mais rechigne à se passer la corde au cou. «Cela me fait une peu peur», rit-elle, gênée.
Attache-moi
Les enfants ont aussi planché sur le sujet, leurs beaux dessins sont accrochés sur un fil tendu. Un père adepte de la varappe a amené une solide corde et tout ce beau monde s’accroche à la cordée. Une mère lance un slogan, repris timidement.
Pendant ce temps, le balai des voitures continue. L’une d’elles s’arrête devant, l’école, une maman en sort : «Ne me dites pas que l’école est fermée ?». D’autres parents la rassurent. Elle se précipite pour sortir son minot du siège bébé. Mais déjà, l’automobiliste de derrière klaxonne. La rue Chape est très étroite et la file de voitures grossit : «Dépêchez vous ! On n’a pas que ça à faire. Moi aussi, je dois déposer mon fils à son école». La maman interpelée lui demande de la mettre en veilleuse : «Ah… Vous, ça va… Vous allez à l’école privée au bout de la rue ? Et bien au moins là-bas, il y a des flics pour faire la circulation». Les parents présents confirment : «Tous les matins, il y a deux motards de la police municipale qui viennent faire la circulation devant l’école Saint Joseph de la Madeleine. Et, pour nous, rien, alors que la rue est étroite. Pourtant les écoles publiques sont du ressort de la mairie, non ?».
On va vérifier sur place et, effectivement, deux policiers municipaux règlent la circulation devant l’établissement privé. Ils ne répondront pas à nos questions, ils ont beaucoup trop à faire.
Benoît Gilles
(Photo: Rémi Leroux)
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Par Romuald