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En mai, fête ce qu'il te plaît ?

Mardi 10/05/2011 | Posté par Nicolas Bourrel

IL Y A 30 ANS, MITTERRAND devenait président. Attention à la nostalgie, Nicolas préfère regarder vers l'avant !

Symbolique, c'est le mot d'ordre de ce mois de mai 2011 englouti par une vague de mitterrandisme dans nos kiosques préférés, tant la presse magazine s'applique à vouloir célébrer avec brio les trente ans de l'arrivée au pouvoir de la gauche. Que voilà un exercice risqué, au point d'en oublier les traditionnelles fêtes du travail, célébration de la victoire des Alliés, et autres anniversaires présidentiels (peu dommageable pour celui-ci tant le bilan se veut plus controversé chaque année...).

Entre proses nostalgiques, biographies controversées et fantasmes inavoués sur les élections à venir, il faut dire que le raz de marée a de quoi noyer. Un énervement pour beaucoup qui renvoie à ce qui fut sans doute pour eux une scène d'apocalypse ; la peur anachronique de l'arrivée de chars soviétiques résonnant probablement encore dans leur tête. Mais si la droite a ses raisons de s'en irriter, elle n'est pas la seule plaignante de cette mode. « La nostalgie Mitterrand, ça suffit » s'écrie Nicolas Domenach dans Marianne, mettant en garde contre les dangers de l'idolâtrie à outrance. Là est en effet le problème de cette victoire du 10 mai qui renvoie plus à celle de son président qu'à son camp. La personnification de la victoire de la gauche avec tout ce qu'elle impose de stature mais à la fois d'ambiguïté se reflète dans les traits de ce personnage tout en contradictions. A la fois craint et aimé, bienveillant et diabolique. A trop y coller la tête du promeneur du Champs-de-Mars on se risque à la confusion, tant sa pratique du pouvoir fut contrastée.

Et quel serait cet hommage de printemps, s'il ne renvoyait pas à celui de l'année prochaine. Comme si l'histoire était un cycle, certains se prennent à rêver le retour flamboyant de l'alternance tant attendue et qui se fait attendre. L'évocation à moitié avouée de la présidentielle 2012 est le second problème de cet hommage. Une présidentielle qui à plus d'un an de son échéance donne déjà le vertige à la vue des candidats déjà déclarés ou potentiels, seul Olivier Besancenot ayant fait part de sa volonté de ne pas y participer.
Preuve que la maturité politique n'est pas forcément là où on l'attend, le porte-parole NPA en dépit de sa couverture médiatique, choisit ainsi d'aller à contre courant de la logique électorale en choisissant de ne pas imposer une seule tête aux idées. Une leçon d'humilité qui à droite comme à gauche, serait plus souvent bonne à prendre.

Nombres d'éléphants se bousculent sur la scène médiatique afin de rappeler le petit rôle qu'ils auront chacun joué dans la mitterrandie, exacerbant l'impression de trop plein.
Certes ces rappels permettent d'apprendre au mieux de cette époque amusante qui fut à la fois un moment d'euphorie pour certains et horrible pour d'autres, mais peut être gagnerait-elle à ce qu'on s'y penche avec toute la modération et la sobriété qui faisait le caractère même de l'homme, aujourd'hui un brin trop mythifié.

Crédit photo : Mammaoca2008

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Nicolas Bourrel -